Instruments à clavier > Piano solo
Wolfgang Amadeus Mozart
Sonate pour piano en Mi bémol majeur K. 282 (189g)
Editeur: Ernst Herttrich
Doigtés: Hans-Martin Theopold
6.00 €
Edition Urtext, reliure paperback
commentaire critique exhaustif
(ne pas inclus dans la partition)
disponible à titre gratuit: Télécharger
Pages: 13 (V, 8), Dimension 23,5 x 31,0 cm
N° d'article HN 60 · ISMN M-2018-0060-8
Degré de difficulté (Piano): moyen (Degré 5)
1er MOUVEMENT Cette sonate présente la particularité de s’ouvrir sur un mouvement lent comme la sonate K 331 en la majeur, sans toutefois prendre la forme d’un mouvement de thème et variation. C’est l’Adagio lyrique qui est construit en forme sonate. Il commence par un thème expressif en à trois voix qu’on peut s’étonner de ne pas retrouver dans la réexposition et qui ne revient que dans la coda. L’expression en est si tendre et si intime que ce mouvement aurait bien pu être qualifié d’«amoroso» comme l’Andante de la sonate précédente. Ce que notre oreille entend comme du Mozart typique est en réalité une adaptions du Thème et Variations de Haydn dans la même tonalite Hob. XVII:3 composé mais non imprimé avant 1774. La mélodie et l’harmonie sont pratiquement identiques, seul le rythme diffère. S’agit-il d’un emprunt inconscient? Il est possible que Mozart en ait vu un exemplaire manuscrit appartenant au frère de Haydn, Michael. Un second thème «grazioso» commence à la mesure 9. C’est essentiellement un motif binaire simple qui est repris pour se fondre imperceptiblement dans la pensée qui conclut l’exposition. Le développement commence de manière spectaculaire avec un accord de septième diminuée fortement chargé suivi de deux courts crescendo. Malgré sa brièveté, ce mouvement nous montre du meilleur Mozart, expressif et raffiné. Il y a inscrit une multitude de signes d’articulation et d’indications de dynamique avec un soin méticuleux.
2eme MOUVEMENT Par contraste avec ce mouvement lent, le suivant est un menuet vif dont le trio (baptisé Menuet II) est relativement long et qui s’inspire manifestement des danses traditionnelles autrichiennes. Ces éléments folkloriques ou populaires sont relativement rares chez Mozart, mais ce mouvement est l’exception à la règle, très proche en cela des menuets du Septuor op. 20 de Beethoven et de sa sonate op. 49 no 2.
3me MOUVEMENT Le final, un Allegro en 2/4 d’un brillant et d’une vigueur irrésistibles, vient conclure une œuvre vraiment originale et touchante.
Paul et Eva Badura-Skoda
Pour plus d'information
Notre recommandation sur YouTube: Samuel Feinberg, 1er mouvement
Exemple audio: Maria João Pires
Deutsche Grammophon 028947752004GB6
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Degrés de difficulté de la
musique de piano aux Editions G. Henle
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| facile | moyen | difficile | ||||||
De 1 à 9 – Degrés de difficulté de la musique de piano aux Editions G. Henle
| Niveau | Degré | Exemple |
|---|---|---|
| 1 | facile | Bach, Le Petit Livre pour Anna Magdalena Bach, nos 4 et 5 |
| 2 | Bach, Le Clavier bien tempéré I, no 1 Prélude en Ut majeur | |
| 3 | Beethoven, Sonates pour piano op. 49, 1 et 2 | |
| 4 | moyen | Grieg, Pièces lyriques op. 12, no 4 |
| 5 | Schumann, Fantasiestücke op. 12, no 1 | |
| 6 | Chopin, Nocturnes op. 27, nos 1 und 2 | |
| 7 | difficile | Beethoven, Sonate pour piano op. 10, no 3 |
| 8 | Beethoven, Sonate pour piano op. 81a | |
| 9 | Schumann, Toccata op. 7 |
Degrés de difficultés comme guide
«Que signifie 'difficile'? Ou bien on peut jouer quelque chose ou bien on ne le peut pas» ... Telle est la remarque lapidaire du grand violoniste Nathan Milstein à propos des énormes difficultés des Caprices op. 1 de Niccolo Paganini.
Aussitôt se révèle la relativité des «évaluations de difficulté» en musique. Je suis toutefois prêt à relever ce grand défi dont les Éditions G. Henle m'ont chargé. De nombreux collègues en effet et ma propre expérience m'ont appris à quel point un tel guide peut être précieux. Avant tout lorsqu'il s'agit de trouver les pièces «appropriées». Par exemple pour les professeurs de musique instrumentale qui enseignent à tous les niveaux, du débutant jusqu'à la préparation aux écoles supérieures, mais aussi pour tous les profanes intéressés qu'un tel guide peut aider.
Après mûre réflexion, j'ai retenu neuf degrés de difficulté répartis sur trois groupes: 1–3 (facile), 4–6 (moyen), 7–9 (difficile). L'évaluation en degrés de difficulté inclut autant de paramètres que possible. Je ne tiens pas seulement compte du nombre de notes à jouer vite ou lentement ou des enchaînements d'accords; il est déterminant en outre de saisir la complexité de la facture d'une pièce, la complexité de son rythme, la difficulté de lisibilité à la première lecture du texte, la facilité ou la difficulté de saisie de la structure musicale du morceau. Je définis ici par «morceau» l'unité musicale d'une sonate par exemple ou d'une pièce séparée d'un cycle; c'est pourquoi par exemple le «Clavier bien tempéré», livre I de Bach comporte au total 48 degrés de difficulté (chaque prélude et chaque fugue pris séparément), alors que la Sonate en fa dièse mineur op. 11 de Schumann ne correspond qu'à un seul chiffre. Le critère de mon évaluation est l'exécution correcte d'un morceau.
Il s'est avéré au cours du travail d'évaluation que la plage des degrés d'évalation moyens (4–6) était la plus précaire. Cela se traduit çà et là par le fait qu'un morceau doit être classé par exemple dans la catégorie «3/4» alors que du seul point de vue de la technique pianistique il aurait correspondu à un «3». Comme exemple d'un tel «franchissement de limite» (facile/moyen), on prendra Gens et pays étrangers, première pièce des «Kinderszenen» (Scènes d'enfants) de Schumann ou, dans l'autre sens, «6/7», une partie des «Suites anglaises» de Bach. Et bien entendu, il y a aussi à l'intérieur d'une catégorie principale des classements intermédiaires tels que «de-à» (p. ex. 7/8).
Même compte tenu de la plus grande objectivité, toute évaluation dans le domaine de l'art et de la musique reste nécessairement subjective. Malgré tout le soin apporté, je suis parfaitement conscient au fond de moi de la relativité du résultat de mon travail, si bien que je suis a priori reconnaissant pour toute suggestion.
Prof. Rolf Koenen © 2010

