Instruments à clavier > Piano solo
Wolfgang Amadeus Mozart
Sonate pour piano en Si bémol majeur K. 333 (315c)
Editeur: Ernst Herttrich
Doigtés: Hans-Martin Theopold
9.00 €
Edition Urtext, reliure paperback
commentaire critique exhaustif
(ne pas inclus dans la partition)
disponible à titre gratuit: Télécharger
Pages: 25 (V, 20), Dimension 23,5 x 31,0 cm
N° d'article HN 397 · ISMN M-2018-0397-5
Degré de difficulté (Piano): moyen (Degré 6)
1er MOUVEMENT Cette sonate nous emporte dans de nouveaux royaumes de lyrisme. On peut supposer que cela est propre à la tonalité choisie par Mozart. Le premier mouvement s’ouvre sur un thème cantabile que personne d’autre n’aurait pu écrire. Notons que les mesures 3-4 sont une variation de la phrase initiale (avec ses levées). Un compositeur italien mineur aurait répété le premier motif un degré en dessous. Cela sonnerait bien, mais ne pourrait en aucun cas prétendre égaler en beauté le thème de Mozart. La richesse des inventions mélodiques et thématiques, ici, comme dans le reste de la sonate, est tout simplement étourdissante. Comme la structure de la sonate op. 22 de Beethoven, écrite dans la même tonalité paraît simple en comparaison! Avec cette sonate, Mozart nous offre, à bien des égards, un avant-goût de cette « divine longueur » propre à certaines sonates de Schubert.
2eme MOUVEMENT Selon la théorie esthétique de Daniel Schubart, la tonalité mi bémol, celle du mouvement central était la tonalité de l’amour, de la prière et de l’intimité avec le très-Haut, les trois bémols symbolisant la Trinité. Cette interprétation, pour une fois, semble bien s’appliquer à ce mouvement Andante cantabile plutôt solennel et profond. Il est en forme sonate et donne l’impression d’avoir été conçu comme un trio à cordes. Le début du développement est l’un des moments le plus hardis, avec ses âpres dissonances qui font d’autant plus d’effet qu’elles succèdent à l’euphonie du passage antérieur.
3eme MOUVEMENT La solennité de mi bémol est chassée par le Finale, un rondo concertant en si bémol, dont l’humeur joviale conserve cependant une touche de gravité et qui clôt cette belle sonate d’une manière suffisamment convaincante. Certaines de ses particularités laissent supposer qu’il s’agit d’un concerto déguisé. Un des exemples les plus frappants est l’entrée du tutti qui précède la cadence (m. 168). L’insertion d’une cadence qui utilise tout le clavier (m. 171) dans un mouvement de sonate pour piano a quelque chose de saisissant. Cette cadence aux effets multiples n’est égalée que dans les concertos de Mozart; elle est de loin supérieure aux cadences des sonates de Haydn ou de C.P.E Bach.
Paul et Eva Badura-Skoda
Pour plus d'information
Notre recommandation sur YouTube: Vladimir Horowitz, 2eme mouvement
Exemple audio: Maria João Pires
Deutsche Grammophon 028947752004GB6
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Degrés de difficulté de la
musique de piano aux Editions G. Henle
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| facile | moyen | difficile | ||||||
De 1 à 9 – Degrés de difficulté de la musique de piano aux Editions G. Henle
| Niveau | Degré | Exemple |
|---|---|---|
| 1 | facile | Bach, Le Petit Livre pour Anna Magdalena Bach, nos 4 et 5 |
| 2 | Bach, Le Clavier bien tempéré I, no 1 Prélude en Ut majeur | |
| 3 | Beethoven, Sonates pour piano op. 49, 1 et 2 | |
| 4 | moyen | Grieg, Pièces lyriques op. 12, no 4 |
| 5 | Schumann, Fantasiestücke op. 12, no 1 | |
| 6 | Chopin, Nocturnes op. 27, nos 1 und 2 | |
| 7 | difficile | Beethoven, Sonate pour piano op. 10, no 3 |
| 8 | Beethoven, Sonate pour piano op. 81a | |
| 9 | Schumann, Toccata op. 7 |
Degrés de difficultés comme guide
«Que signifie 'difficile'? Ou bien on peut jouer quelque chose ou bien on ne le peut pas» ... Telle est la remarque lapidaire du grand violoniste Nathan Milstein à propos des énormes difficultés des Caprices op. 1 de Niccolo Paganini.
Aussitôt se révèle la relativité des «évaluations de difficulté» en musique. Je suis toutefois prêt à relever ce grand défi dont les Éditions G. Henle m'ont chargé. De nombreux collègues en effet et ma propre expérience m'ont appris à quel point un tel guide peut être précieux. Avant tout lorsqu'il s'agit de trouver les pièces «appropriées». Par exemple pour les professeurs de musique instrumentale qui enseignent à tous les niveaux, du débutant jusqu'à la préparation aux écoles supérieures, mais aussi pour tous les profanes intéressés qu'un tel guide peut aider.
Après mûre réflexion, j'ai retenu neuf degrés de difficulté répartis sur trois groupes: 1–3 (facile), 4–6 (moyen), 7–9 (difficile). L'évaluation en degrés de difficulté inclut autant de paramètres que possible. Je ne tiens pas seulement compte du nombre de notes à jouer vite ou lentement ou des enchaînements d'accords; il est déterminant en outre de saisir la complexité de la facture d'une pièce, la complexité de son rythme, la difficulté de lisibilité à la première lecture du texte, la facilité ou la difficulté de saisie de la structure musicale du morceau. Je définis ici par «morceau» l'unité musicale d'une sonate par exemple ou d'une pièce séparée d'un cycle; c'est pourquoi par exemple le «Clavier bien tempéré», livre I de Bach comporte au total 48 degrés de difficulté (chaque prélude et chaque fugue pris séparément), alors que la Sonate en fa dièse mineur op. 11 de Schumann ne correspond qu'à un seul chiffre. Le critère de mon évaluation est l'exécution correcte d'un morceau.
Il s'est avéré au cours du travail d'évaluation que la plage des degrés d'évalation moyens (4–6) était la plus précaire. Cela se traduit çà et là par le fait qu'un morceau doit être classé par exemple dans la catégorie «3/4» alors que du seul point de vue de la technique pianistique il aurait correspondu à un «3». Comme exemple d'un tel «franchissement de limite» (facile/moyen), on prendra Gens et pays étrangers, première pièce des «Kinderszenen» (Scènes d'enfants) de Schumann ou, dans l'autre sens, «6/7», une partie des «Suites anglaises» de Bach. Et bien entendu, il y a aussi à l'intérieur d'une catégorie principale des classements intermédiaires tels que «de-à» (p. ex. 7/8).
Même compte tenu de la plus grande objectivité, toute évaluation dans le domaine de l'art et de la musique reste nécessairement subjective. Malgré tout le soin apporté, je suis parfaitement conscient au fond de moi de la relativité du résultat de mon travail, si bien que je suis a priori reconnaissant pour toute suggestion.
Prof. Rolf Koenen © 2010

