Alexandre Scriabine occupe une place particulière parmi les compositeurs russes pour piano du tournant du 20e siècle. En effet, dès ses premières compositions, son écriture dépasse les traditions chopiniennes de ses contemporains Glazounov et Rachmaninov. C’est notamment le cas de ses innombrables préludes dont 24 sont réunis dans son opus 11 et dans lesquels il explore une à une toutes les tonalités majeures et mineures. Cependant, malgré le strict respect de l’ordre du cycle des quintes, il tenait à ce que «chaque prélude puisse exister comme une petite composition autonome et indépendante des autres préludes». La comparaison entre les sources autographes et la première édition de 1897 permet à cette édition urtext parue chez Henle de corriger quelques inexactitudes et fautes d’impression. Une œuvre grandiose que tous les pianistes devraient mettre à leur répertoire!