«Ton plat préféré contre notre musique préférée», c’est ainsi que l’on pourrait intituler la genèse inhabituelle de ces deux morceaux de concert. En effet, lorsque les deux Baermann, le clarinettiste Heinrich Joseph et son fils Carl, qui joue aussi du cor de basset, s’arrêtent en 1832 chez Mendelssohn, ils concluent un curieux marché: ils promettent à leur ami compositeur une belle portion de deux mets qu’il adore, les dampfnudels et le rahmstrudel, s’il leur écrit un morceau qu’ils pourront jouer au cours de leurs tournées. Le premier Morceau de concert en fa mineur qui voit ainsi le jour est suivi peu après d’un deuxième en ré mineur. Il s’agit de partitions pleines d’effet, dans lesquelles la sonorité et les particularités techniques des deux instruments de la famille des clarinettes sont merveilleusement utilisées.