Les 22 sonates pour piano de Schubert reflètent très fidèlement le cheminement de ce compositeur disparu trop tôt. Partant des premiers essais effectués entre seize et dix-neuf ans, elles permettent de retracer l’évolution constante de son écriture jusqu’aux cinq grandes sonates composées entre 1823 et 1826, puis jusqu’aux trois sonates magistrales composées peu de temps avant sa mort qui le placent incontestablement au même niveau de maîtrise que Beethoven dans ce domaine.

Schubert se consacra intensément à ce genre ce qui explique sans doute le grand nombre de ses sonates pour piano inachevées. Outre ses sonates de jeunesse des années 1815–1818, le volume III de l’édition Urtext en trois volumes des éditions Henle contient donc ces fragments de sonates complétés par Paul Badura-Skoda. Les ajouts de ce dernier sont reconnaissables à leur impression en plus petits caractères. Le commentaire critique en annexe de ce volume donne également des renseignements détaillés sur la genèse de chacune des œuvres.