Beethoven et sa bagatelle op. 33 no 2 ainsi que Schubert sous la forme de trois morceaux isolés avaient déjà laissé des œuvres portant le titre de scherzo. Le scherzo se développa ensuite pour devenir un genre à part entière, indépendamment des cycles de sonates. Mendelssohn en écri-vit cinq, Chopin quatre – tous de grande envergure. Une mesure à trois temps, une partie cen-trale lente (en trio) et un tempo relativement rapide sont caractéristiques du genre – les quatre scherzos de Chopin sont d’ailleurs surmontés de l’indication Presto. Pièces brillantes et élé-gantes, mais aussi animées d’une force démoniaque, avec – dans les parties en trio – des cantilènes merveilleusement délicates et chantantes, les scherzos de Chopin occupent une place privilégiée dans le répertoire des pianistes.