Tout comme les Huitième et Neuvième Sonates, la Dixième Sonate de Scriabine vit le jour à l’hiver 1912/13. Elle fut probablement achevée au plus tard en juin 1913. D’après les souvenirs de Leonid Sabanejev, Scriabine joua des extraits de la Sonate à ses amis au printemps 1913 et dit alors «qu’il avait là réussi à simplifier les harmonies sans détruire la complexité psychologique de l’oeuvre». Voici ce que l’on peut lire dans un compte rendu écrit juste après la première exécution de l’oeuvre à Moscou: «La Dixième Sonate figure parmi les oeuvres les plus inspirées de Scriabine [...] Elle est pour ainsi dire taillée dans le granit: impossible de retrancher ni d’ajouter quoi que ce soit, tellement le tout est logique et rigoureux.»