Écrite en 1804, cette composition en deux mouvements compte certainement parmi les moins connues des 32 sonates pour piano du maître. L’absence de la forme sonate, le sous-titre suranné du premier mouvement noté «In Tempo d’un Menuetto», ainsi que le rythme motorique du mouvement final qui lui succède avaient déjà irrité les amis et les élèves de Beethoven. Tandis qu’au 19e siècle on pensait encore que des circonstances extérieures avaient amené le compositeur à éditer une œuvre tronquée, on est aujourd’hui convaincu que Beethoven cherchait ici à développer un concept formel spécifique dans lequel le contraste entre les deux parties existantes était volontairement tellement marqué qu’il n’était plus nécessaire d’y adjoindre un mouvement supplémentaire pour l’équilibre de la sonate.