En 1809, Beethoven se tourna à nouveau vers le genre de la sonate pour piano après l’avoir délaissé pendant quatre ans. Par rapport à la sonate en fa mineur op. 57 (Appassionata) qui la précède, la sonate op. 78 adopte un nouveau ton, lyrique et chantant. Ce dernier influe probablement aussi sur la structure bipartite inhabituelle de l’œuvre, car un mouvement central lent n’aurait apporté aucun contraste par rapport aux mouvements extrêmes. Son introduction adagio de quatre mesures, aussi inhabituelle que le ton général de l’œuvre, ne présente aucun lien direct avec les motifs et les thèmes qui lui font suite, mais sert uniquement à «éveiller en nous l’atmosphère générale de la sonate» (Hugo Riemann).