La Sonate pour piano n° 24 en Fa dièse majeur op. 78, qui ne comprend que deux mouvements, est toujours demeurée dans l’ombre de celles, beaucoup plus populaires, qui l’encadrent: l’Appassionata, op. 57 et Les Adieux op. 81a. Pourtant, Beethoven lui même considérait – à notre grand étonnement – cette sonate composée en 1809 comme plus importante que la Sonate au clair de lune. D’après les notes laissées par Carl Czerny, il aurait déploré qu’on ne «parle que de la Sonate en ut dièse mineur». «J’ai pourtant écrit des choses franchement meilleures. La Sonate en Fa dièse majeur, c’est quand même autre chose!» Réalisée par les éditeurs réputés Norbert Gertsch et Murray Perahia, lequel a aussi apposé les doigtés, cette édition de la Sonate op. 24 apporte son tribut à ce chef-d’œuvre, qui mêle admirablement virtuosité et lyrisme.